Grande nouvelle (annonce officielle)

Nos 6 enfants portant le même nom de famille !

Le 7 décembre 2021, une loi rétroactive est passée pour permettre aux parents d’enfant né sans vie de leur donner un nom.
Jusque là, nous n’avions le droit de ne donner qu’un ou plusieurs prénoms (ce qui est fou, car quand on regarde dans les archives, autrefois il était fait mention d’un enfant avec un nom de famille, la mention du sexe, mais pas forcément de prénom quand il était mort-né) (sombre histoire de personnalité juridique qui s’obtient à la naissance et se perd à la mort. Dans le cas d’une personne morte avant de naître, ça fiche le bazar !)

Donc la loi est passée pour modifier l’état civil, puis le décret d’application, puis celui pour la modification du livret de famille et quand tout enfin a été ok, on s’est lancé pour demander la rectification… Sauf que…

Ben c’est jamais simple.
Pierre est né à Tarare en février 2004. La maternité a fermé fin mars 2004, ça fait 18 qu’il n’y a plus eu de naissance et on se retrouve donc les premiers à faire la demande à la mairie.
Me doutant que ça allait être compliqué et qu’émotionnellement parlant, ça allait l’être encore plus, j’ai tout fait par messagerie électronique (ça évite d’avoir la voix qui tremble et de pleurer quand ça ne se passe pas comme prévu)


On tombe sur une première personne en mai qui quitte le poste et qui nous dit d’abord qu’on n’est pas concernée (heureusement, Agapa a fait un super boulot d’information, j’ai donc pu donner le lien) puis qu’il faut attendre que les éditeurs de logiciels les mettent à jour pour pouvoir procéder à la rectification et pour finir de voir avec sa collègue cet été.

Début juillet, je recontacte la mairie et là, quiproquo, la nouvelle personne qui suit mon dossier me dit que nous ne rentrons pas dans le cadre de la loi du 1er juillet.
Coup de panique, appel à ma copine qui bosse chez Agapa qui me dit qu’elle ne peut pas trop m’aider là tout de suite maintenant, car un bus a percuté l’immeuble de l’association et qu’elle essaie de joindre les assurances, mais que si rien ne bouge, je dois la recontacter en septembre avec le résumé de ce qu’on a fait pour qu’elle transmette le dossier à leur juriste.
1 mois après, j’apprenais que ma tante était dans le bus qui avait percuté l’immeuble… (pas de panique, Simone va bien).
Au bout de quelques heures, je fais le lien que la loi du 1er juillet, c’est celle qui permet à chaque personne de changer de nom de famille, donc rien à voir. Je recontacte « mon contact » (ça fait très agent secret, mais c’était vraiment une mission importante qui lui était confiée), mise au clair de ma demande et c’est parti… Enfin pas tout à fait, car elle partait en vacances et devait se renseigner sur la procédure, car elle n’en avait jamais fait et qu’elle ne voulait pas se tromper. Du coup, RV pris en août.

Août, courriel de la mairie de Tarare avec toutes les infos pour mener à bien notre projet et appel pour essayer de caler un RV.
RV impossible à poser (plus compliqué quand on n’habite pas à côté. Au final, on aurait pu faire la demande dans une autre mairie, mais comme on était tombé sur quelqu’un qui avait bien en main le dossier, on préférait rester avec elle), on décide donc d’envoyer tous les documents par la poste.
« Notre contact » a été hyper réactive, a fait la modification dès que le courrier est arrivé et nous a tenu au courant de la rectification le jour même et de l’envoi à notre mairie de notre domicile de tous nos documents (le livret de famille et une copie de l’acte d’enfant né sans vie rectifiée).

Grosse émotion de tenir ces documents. C’est assez compliqué à expliquer, parce que ça ne change rien au final, mais pour nous ça change tout : Nommer c’est faire exister.
Une envie de le crier au monde entier (et de mettre une enseigne lumineuse au cimetière pour que le monde entier soit au courant… par souci écologique, je fais juste une annonce ici !) et surtout le sentiment que tout est enfin à sa place (bon, si on voulait vraiment que tout soit parfait, il faudrait que dans l’acte d’enfant né sans vie la filiation soit vraiment établie et ne pas dire que moi, épouse de Christophe j’ai accouchée d’un enfant sans vie. Ce serait tellement plus humain de pouvoir avec un acte disant que nous sommes sa mère et son père… mais le nom, c’est déjà un grand grand pas. Vraiment un immense merci aux associations qui ont porté ça !).

Juillet

-Théodore avec son campanulo infadibuliforme et le placement de Dr Who à l’oral, part avec des points d’avance pour la suite du bac.

-Félix a été positif au covid, comme beaucoup de sa classe, au point qu’elle a fermé.

-On a fini par fêter le réveillon de Nouvel An avec les copains (annulé une première fois pour cause de covid chez eux, une deuxième fois pour cause de fête de l’école qui finalement a été annulée, car épidémie de covid). Bien sympa de faire ça en été !

-La salle de jeux a été vidée… 8 ans de salle de jeux avec 5 enfants… Il y en avait à trier/ranger/donner.

-Escape game à la librairie avec la série Sherlock Lupin et moi.

-Des dons de plasma (réussite d’1 sur 2 pour moi…)

-Des camps pour Agathe et Félix

-Des visites de contrôle de la vue pour 4 des enfants et pour l’instant, et la tendance semble se confirmer, lunettes que pour les filles.

-Une trompette ressoudée

-Du curcuma séché dans mon four solaire (voiture) et broyé (C’est un excellent colorant… même quand on ne voudrait pas)


-Une orthophoniste trouvée (annonce le matin par la mairie du village d’à côté de l’installation d’une ortho, le soir, elle n’avait déjà plus de place, mais ouf, on en avait une !)

-De nouvelles naissances chez les poules.



-Agathe a trouvé le béret de papy Gaston et ne l’a plus lâché



-On a observé les étoiles

-Félix a eu 9 ans

-Nous avons fêté notre anniversaire de mariage un peu en retard !



-Une demande de rectification d’état civil qui a été reportée à août et a finalement abouti (et j’ai des envies de panneaux lumineux clignotants pour annoncer cette bonne nouvelle (on restera sobre, c’est pas très écolo comme envie) qui fera l’objet d’un article à lui tout seul dès qu’on aura récupéré tous les papiers).

18

Pierre aurait eu 18 ans cette année.

Difficile de se faire à l’idée que notre tout petit d’à peine plus de 2kg serait maintenant un jeune adulte qui pourrait voter.

Le temps passe, même si c’était hier.

C’est reparti pour un tour

En cette veille de retour à l’école à la maison, avec nouveauté cette année, 5 niveaux pour nous et 4 cours d’instrument en visio, voici un petit aperçu de nos dernières semaines.

En vrac :

On a fêté l’anniversaire de Pierre, qui aurait eu 17 ans cette année. C’est fou de voir comme le temps passe. C’est fou surtout de se dire que ça fait 17 ans, alors qu’il y a 17 ans, on ne savait même pas si on allait arriver à survivre à la première journée, la première semaine, le premier mois…

Nous avons testé le resto à domicile. Trop bien de pouvoir se faire un resto en famille.
D’abord le don Camillo, resto italien de Roanne, puis la belle découverte, le bistro Kalinka à Charlieu où on a pu découvrir la nourriture russe.

On a continué nos virées à la médiathèque, même si dernièrement c’était un peu compliqué puisque leur serveur a brûlé.
Les choses reviennent doucement à la normale pour eux… donc pour nous !

Théodore a eu 15 ans ! Il me dépasse 😀
Et il a pu demander comme gâteau d’anniversaire un sablé du milliardaire sans craindre de perdre une bague avec le caramel (oui c’est du vécu !)

Les poules ont eu les plumes coupées après une folle course poursuite dans le pré avec Théodore dans le rôle du rabatteur et Félix dans celui d’attrapeur ! Même les coqs ont pu être attrapés (On me dit dans l’oreillette que les filles ont aussi attrapé des poules !)

Agathe et Clémence sont passées chez le coiffeur. Maintenant Félix rêve d’avoir une coupe trop bizarre comme Agathe.


Le premier avril, nous avons décoré le portail avec des poissons en osier…

Nous avons récupéré pas mal d’osier ce qui a permis de faire un enclos en plessage pour les fraises, une structure pour les grippant et deux trois essais assez sympas.



Les cloches ont été généreuses pour Pâques (et les voisins aussi)

L’approche de ce nouveau confinement ne nous perturbe pas plus de ça. Ça fait un moment qu’on l’attendait.
Il faut dire que je ne supporte plus les gens sans masque, qui ne se lavent pas les mains et qui ne respectent pas les distances (le primeur avec le masque au milieu du nez, le boucher sans masque, la catéchiste qui entasse les enfants sur un banc alors que des bancs ont été réservés pour justement avoir l’espace qu’il faut, la personne qui fait la quête avec le masque sous le nez, les parents qui ne se lavent pas les mains en rentrant dans l’école, ceux qui attendent dehors avec le masque sous le nez, etc.)
Je ne supporte plus les gens et leur égoïsme (je suis jeune, je ne risque rien).
Autour de nous, les re-contaminations se font de plus en plus nombreuses et étant donné les séquelles de notre contamination d’octobre, nous sommes vraiment vigilants à ne pas être porteur de ce virus pour les personnes fragiles (et accessoirement ne pas l’attraper de nouveau).
Bref, c’est reparti pour refaire notre bulle. Nous ressortirons pour faire le marché (mais plus à Coutouvre puisque les vendeurs ne portent pas de masque) en sélectionnant les endroits où les gens respectent les règles et peut-être (sûrement) pour refaire le plein de livres, mais autrement, ce sera chez nous en savourant la joie d’avoir un grand terrain.

Vacances

Après beaucoup de réflexions, nous avons décidé de partir en vacances. Il a fallu qu’on trouve un lieu où on était quasi surs de ne pas être dans la foule et où on avait assez de place pour ne pas se marcher sur les pieds ; qu’on réfléchisse au nombre de masques à avoir pour ne pas avoir à faire de lessives, bref une organisation un peu particulière cette année.


Au final, nous sommes retournés à Peisey, là où nous étions il y a 2 ans. Nous connaissions la résidence et sommes donc partis confiants.

Direction la Savoie pour une semaine de beau temps (et une pluie battante pour rentrer).

Sur la route, nous sommes passés à St Clément pour rendre visite à mamIrène à la maison de retraite.
Suite à la récolte de miel, nous avons vu qu’on avait mis des sections (là on sent bien qu’on n’a pas été très assidus puisqu’on ne se souvenait pas qu’il y en avait…) et comme c’est un de ses pêchés mignons, on était OBLIGÉ de passer la voir !
Bien sûr, on y est allé comme des fleurs sans se douter qu’il y avait des horaires de visite. Coup de bol, on était pile dans ceux autorisés ! (Après, il a fallu voir si on pouvait rentrer à 7, puis préciser qu’il y avait 5 enfants dans les 7… Mais bon, tous masqués, nous avons pu la voir !)

Nous avons fini par arriver dans notre logement, un peu tard mais bien content d’avoir égayé la journée de notre ancienne voisine.

La semaine a été bien remplie et nous avons pu nous changer les idées.

En plus de la recherche des géocaches (tout le monde en a trouvé une et il faut reconnaître que sur ce parcours, elles étaient vraiment chouettes), nous avons participé au jeu de piste et au rallye photo ce qui nous a permis de gagner plein de fraises tagada !








Nos ados qui se téléphonent pendant le pique-nique…





Cette semaine-là, les animations portaient sur l’astronomie et on en a bien bien profité. À part l’observation des étoiles (il faisait froid et les enfants étaient crevés… donc chiants… on s’est épargné des crises en mettant tout le monde au lit !) nous avons été de tous les rendez-vous.

-Observation du soleil





-Planetarium


-Masques de réalité virtuelle pour une balade dans le système solaire et création de fusées à eaux avec les 3 plus jeunes pendant que les grands étaient en rando avec Christophe.



Agathe a explosé le record de distance, au point qu’on a dû aller chercher sa fusée en dehors du terrain de basket, planté dans un arbuste en contrebas de la route.
Félix a fait très fort aussi en faisant passer sa fusée à travers les mailles du grillage entourant le terrain
Et Rémi a tiré sa fusée comme les grands. Au début il hésitait et puis les deux fois suivantes, il ne s’est pas fait prier !







-Les grands ont pu randonner avec Christophe et voir des marmottes (et manger une crêpes au chocolat… Celui des marmottes ?)



Nous avons profité de la piscine, même si comme elle était limitée à 10 personnes à la fois, c’était un peu compliqué pour y aller tous ! On a donc fait des aller-retour pour aller vérifier le nombre de personnes dans l’eau et trouver le créneau disponible.
Ça a été le bonheur des vacances de Félix !


Christophe lui a trouvé un autre moyen de s’envoyer en l’air. Forcément, il faut bien compenser la saison de parachute qui n’a pas pu avoir lieu.
En regardant bien, on voit un peu de couleur : c’est le parapente


Nous avons aussi vu le meilleur panneau pour expliquer la distance à respecter entre deux personnes. Avec un bouc, sûr que la distance serait bien plus importante !


De retour à la maison, il a fallu boucler la boucle et la première lessive a été… les masques !


14 février

Cette année, notre petit garçon aurait eu 14 ans.

Tellement de choses se sont passées quand j’ai eu 14 ans, que cet anniversaire a été difficile (enfin, il est difficile chaque année, mais cette année avait une saveur particulière).
Lorsque j’avais 14 ans, j’ai rencontré Christophe, prémices de notre vie actuelle.

Pierre aurait donc 14 ans et cette mise en parallèle est difficile. Une fois de plus on se rend compte de tout ce qu’il ne vivra pas, tout ce que nous ne vivrons pas avec lui.

Le 14, il a neigé : petit coucou de notre loulou pour nous aider a passer cette journée.

Pour fêter cet anniversaire, nous avons fait une photo de famille… enfin deux, difficile de rester sérieux, quelle que soit la difficulté de la journée.

13 ans

Il aura fallu 12 jours pour que j’arrive à écrire cet article.

Le 14 février dernier, notre premier petit garçon aurait eu 13 ans.

Anniversaire compliqué du fait que c’était un jour d’école et qu’il a fallu faire les trajets et croiser du monde. Faire comme si de rien n’était, parce que c’est ce que les autres attendent des parents endeuillés.

Anniversaire d’autant plus compliqué qu’alors que j’étais volontairement partie en retard pour ne croiser personne et que malgré tout, je me suis fait harponner parce que j’avais une sale tête…
J’ai revécu ce que nous avons vécu il y a 13 ans. Les comparaisons avec une fausse couche, le fait qu’il fallait passer à autre chose, que j’avais d’autres enfants.

J’ai passé le reste de la journée à avoir des flashs de souvenirs, en particulier celui des gendarmes posant les scellés sur le cercueil a tourné en boucle… Forcément, le terme de fausse-couche m’a heurtée et le cercueil est la preuve que c’était un petit garçon et non un foetus.

Journée difficile donc…

MAIS, ça m’a permis de décider qu’à partir de cette année, je m’autorisai à avoir 1 jour pour mon fils aîné.
Je m’autorise à laisser sortir la tristesse et la douleur de son absence ce jour-là et si ça déplaît à quelqu’un, qu’il aille voir ailleurs et garde ses conseils pour lui.
Personne n’a le droit de me dire comment je dois vivre mon deuil, car à moins d’avoir vécu la même chose, personne ne peut comprendre ce que c’est.
Si j’ai besoin de pleurer cet enfant parti trop vite, j’accepte de laisser mes larmes couler pendant un jour.
J’ai besoin de ce temps pour pouvoir le reste du temps enfouir cette douleur et me consacrer à la vie.

Mon premier garçon aurait eu 13 ans et ce jour là nous avons fêté son anniversaire en préparant avec son plus jeune frère tout un tas de gâteaux.

12 ans

12 ans, c’est l’âge que notre grand garçon aurait.
12 ans, ce serait un ado et il aurait des boutons (dixit Théodore)

Les années passent et l’absence est toujours là…

11 ans

Notre premier fiston aurait eu 11 ans cette année.

Première année où la sérénité est au rendez-vous (sérénité ne veut pas dire pincement au coeur et quelques larmes).
Après le 10e anniversaire qui avait été bien costaud à passer, celui-là a été au final plus doux.

Même la distance a été supportable, alors qu’au début elle ne l’était pas. Notre plantation de l’arbre de Pierre ici, y est sûrement pour beaucoup.
L’équilibre semble avoir été trouvé, tout du moins jusqu’au prochain questionnement d’un membre de la famille.

À propos de Pierre et de la mort, les enfants sont toujours aussi à l’aise pour en parler… un peu trop parfois, ce qui amène à quelques moments de flottement parfois !

Le dernier en date, c’est Théodore qui dispute sa soeur qui passe derrière une voiture (à l’arrêt) en lui disant que c’est dangereux, que si la voiture démarre elle peut être blessée ou mourir et qu’elle n’a pas le droit de mourir parce que maman a dit qu’il n’y avait pas de place pour elle au cimetière…
J’ai dû expliquer à la personne qui les regardait un peu bizarrement quand même, que je leur avais dit qu’ils mourraient adultes et seraient enterrés avec leur femme ou leur mari et non avec Pierre, puisqu’il n’y avait que 3 places, donc plus qu’une place pour leur papa et moi (techniquement, en vrai, on pourrait rajouter quelqu’un ou passer par l’incinération, mais si on pouvait éviter d’enterrer un autre de nos enfants, ce serait aussi bien)…

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L’arbre de Pierre

Quitter Valsonne, c’est quitter le village où est enterré Pierre.
Ça nous a posé beaucoup de questions, Théodore ne voulait pas qu’on abandonne son frère et nous avons envisagé les différentes solutions possibles pour l’emmener avec nous.
Comme nous ne voulions pas l’embêter, nous avons renoncé à le déplacer… mais nous voulions quand même qu’il soit un peu avec nous.

Nous avons donc décidé de planter un arbre pour lui dans notre nouveau chez nous.
Samedi dernier, nous sommes passés au cimetière et avons pris un peu de terre de la tombe de Pierre.

Aujourd’hui, jour des défunts, nous avons planté un arbre pour lui : un noisetier pour un petit écureuil.

Les grands ont écrit un mot à leur frère et l’ont déposé au fond du trou, puis, ils l’ont recouvert de la terre du cimetière et ensuite nous avons planté le noisetier.

Nous avons maintenant un endroit où être proche de notre petit garçon, malgré la distance.

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