Le changement, c’est maintenant !

On avait dit qu’on arrêtait les conneries…
On avait dit qu’on n’allait pas remettre ça…

Là, je vous arrête.
Ne mentez pas !
Vous pensez tous qu’on attend un petit 6e ! Pas vrai ?

Ben non ! Raté ! C’était pas ça !

On avait dit qu’on allait être sages et ne plus faire de folies sur un coup de tête… (Et vous nous avez crus ?)
On avait dit qu’on était pas si mal dans notre petite maison, que même si nos travaux avaient pris 12 ans de retard, on avait un toit sur la tête, et que c’était bien comme ça.
On avait dit qu’on se voyait bien vivre nos vieux jours à Valsonne, au milieu des abeilles, des licornes et des sapins (rayez la mention inutile).
Mais ça, c’était avant de savoir que les prés de notre lieu-dit allaient devenir une des rares zones constructibles du coin, et qu’on risquait de se retrouver sans domicile fixe pour les abeilles (en plus d’être entourés de voisins)

Mais voilà, après les changements de composition familiale (coucou Félix !), de voitures, de travail et de moult autres petites choses, on s’est dit que, finalement…
D’ailleurs, c’est bien connu : le changement, c’est maintenant !

C’est donc officiel (et inattendu, on peut le dire autant pour nous que pour vous !), nos petits écureuils feront leur rentrée en septembre prochain dans une nouvelle école.
Et comme l’une des raisons (en plus de gagner largement en surface, d’avoir un jardin — immense — contre la maison, une maison dans un état impeccable, l’école et tous les commerces et services du village
accessibles à pied sans problèmes, avec trottoir s’il-vous-plaît, un chauffage consommant raisonnablement, et encore beaucoup d’autres petits détails agréables) ; comme l’une des raisons — disais-je — de ce changement
est de se rapprocher de mon travail pour arriver entre autres à passer un peu plus de temps ensemble, ils seront dorénavant (nous aussi, hein !) Ligériens (non, aucun rapport avec un quelconque pays africain, relisez bien !)

Oui, je sais, vous êtes tous les mêmes, vous voulez tous savoir…
(Choeurs) « Mais alors, vous allez où ? »

Et bien… (suspens insoutenable)

Mon premier est la contrepartie financière de la cession d’un bien, immobilier par exemple, au hasard.
Mon second n’est pas rien.
Mon troisième est synonyme de l’une des expressions les plus connues de Perceval, même si notre future maison, c’est pas de la Kaamelott (oui, il faut de la « culture » pour trouver, vous avez vu !).

Mon tout est… le nom des habitants du village où se situe notre future heaume souitte heaume.
Vous ne pensiez quand même pas qu’on allait vous faire trouver directement un truc aussi facile que le nom du bled, hein ? Déjà qu’on a été gentils sur les définitions…

On vous laisse réfléchir !
Si vous insistez, on peut mettre un lot pour le premier à trouver… Mettons, la chance incroyable de nous filer un coup de main pour le déménagement ?

Et pour finir, un bon moyen de s’intégrer à notre futur département : « Allez les vers ! » (Non non, pas de faute ! Les lombrics — eux — ne sont pas des nuisibles…)

10 ans

Il y a 10 ans, j’étais la plus heureuse des futures mamans
Il y a 10 ans, on attendait avec impatience la naissance de notre petit bout d’amour…
Il y a 10 ans, je profitais de chaque petit coup de pied en me disant que bientôt ce serait fini et qu’une nouvelle vie allait commencer…
Il y a 10 ans, nous étions heureux

***

Cette nuit, ça fera 10 ans que nous sommes partis, confiants, à la maternité, en nous disant que nous reviendrions à 3
Cette nuit, ça fera 10 ans que le pire s’est produit, que notre monde s’est écroulé, que la descente aux enfers a commencé, avec l’envie de mourir pour arrêter de souffrir…
Cette nuit où j’ai découvert jusqu’où on pouvait souffrir, physiquement et moralement… La douleur immense qui fait qu’on ne la sent même plus tellement elle est forte…
Cette nuit où j’ai découvert le pire du personnel médical, mais aussi le meilleur…
Traversée de la nuit en redoutant qu’elle finisse, mais en espérant aussi que la fin soit proche…
Peur de la suite, mais envie pressante d’y arriver, mélange de peur, tristesse et désespoir, avec malgré tout, tout au fond, une petite lueur d’impatience pour cette rencontre qui allait avoir lieu… et malgré tout, un petit espoir que tout le monde se soit trompé, que ce ne soit pas vrai, qu’un miracle puisse avoir lieu…

***

Demain, ça fera 10 ans que nous avons rencontré notre fils, premier d’une « longue » lignée.
10 ans que nous avons pu le couvrir de bisous et devenir une « famille », même si ça a duré si peu de temps
10 ans que nous avons découvert le désespoir absolu d’avoir touché du doigt le bonheur…
De ces quelques heures passées ensemble, nous gardons des souvenirs, des peurs qui s’envolent, la gentillesse des soignants, le baptême de notre petit bout avec son parrain et sa marraine « bis », que nous n’avons pas choisis, mais qui ont été là pour nous (comme les « officiels »), ces moments d’amour, tous les trois
Mais aussi le déchirement de devoir le laisser, même s’il était temps…

Et la suite, l’absence bien présente, les réveils la nuit en croyant l’entendre, les bras qui se positionnent inconsciemment et qui bercent du vide, ces mois à se replier sur soi et à essayer de se reconstruire, malgré tout…

Et puis la première année qui se passe, preuve que l’on peut survivre au pire, les sourires qui reviennent, la vie qui nous semblent à nouveau moins noire, juste grise… puis colorée, doucement, avec des retours en arrière…

Et la vie qui reprend ses droits, les petits frères et sœurs qui sont arrivés et ont rempli nos vies, ces tout petits qui ressemblent tant à ce grand frère, mais qui vivent leurs vies.
Aujourd’hui nous avons 5 enfants, dont un absent, si présent dans nos cœurs, 5 merveilles qui chacun ont leur place dans nos vies… 4 petits, qui ont un clin d’œil à leur frère dans leurs prénoms.

Demain, cela fera 10 ans… que de chemin parcouru… Une nouvelle page se tourne…
Notre vie, n’est pas celle dont nous avions rêvé, mais c’est la notre et malgré le pire, nous sommes aujourd’hui heureux.
Il y a toujours des moments difficiles où l’on se dit « et si ? » « Et si il était là, il aurait 10 ans, il serait en CM1, surement, il ferait ses conscrits cette année, il nous ferait enrager avec sa préadolescence, il se bagarrerait avec les 4 autres, etc. », mais dans l’ensemble, aujourd’hui, nous allons bien et sommes plus sereins…